Galerie d'art urbain, contemporain et moderne à Colmar en Alsace

DJORDJEVIC David Nicolas


DJORDJEVIC David Nicolas
  • Peintre autodidacte né en 1993

 

"Dès mes débuts mes oeuvres ont toujours été le théâtre d'une bataille menée tambour battant alimentée par un flux constant d'émotions... Bien que dans un premier temps abstraites, mes batailles intérieures ont rapidement pris une forme plus figurative afin de donner un visage à mes tourments.

C'est donc à une peinture chargée de ressentiments que je donne vie. Tel le dieu d'un instant j'ai la sensation de transcender mon existence pour toucher du doigt  la force divine créatrice... Et c'est du bout de celui ci que j'applique directement ce qui deviendra l'essence même de mon univers.

Un monde dominé par des personnages aux moeurs singuliers, aux moeurs étranges. Une terre où prédomine des habitants brisés ou en pleine éclosion, des divinités passées ou actuelles, des créatures aux gueules cassées ou aux traits naïfs qui représentent mes blessures, mes déceptions, la haine pour ce monde qui m'énivre mais aussi l'amour que je lui porte en dépit de tout et mon innocence que j'essaie de préserver.

Je peins donc le trop plein d'émotions qui s'accapare mon esprit dans une dualité de moments d'extrême spontanéité et de gestes longuement prémédités.

Je laisse mon empreinte directement dans la chair de mes personnages en laissant mes doigts vagabonder à même la toile sans acucuns intermédiaires si ce n'est mon tube de peinture. Je mélange donc mes nuances directement sur mon support et y façonne les volumes de matière dans un simulacre de rapport charnel.

Pour moi, l'art est un absolu qui fait coexister harmonie émotion, destruction et création." 

                                                                                                                                                                               DN D

 

David Nicolas Djordjevic est un peintre de batailles

 

"David Nicolas Djordjêvic est un peintre de batailles. Mais ce sont des batailles intimes, en petit comité. Il n'y a pas plus qu'une ou deux figures dans chaque tableau. La guerre se déroule donc à l'intérieur d'un seul personnage ou entre deux qui sont ensemble, qui se confrontent, s'opposent, se déchirent. Ce sont plutôt des combats singuliers, des duels, des règlements de comptes. On pourrait y voir du tourment psychologique, parent-enfant, couple, masque-vérité.

On pourrait y voir de la tragédie historique, bourreau-martyrisé, dominant-victime. On pourrait y voir de l'aspiration divine, corps-esprit, ange-démon.

On pourrait aussi y voir l'étreinte solitaire de l'artiste qui se bat avec sa création, qui l'affronte et l'empoigne. Car Djordjevic se livre à un véritable corps à corps avec la peinture. Il l'affronte physiquement et l'empoigne. Ce n'est pas une image, Djordjevic peint avec les doigts, directement au sortir du tube de couleurs. Pas de pinceaux, pas de palette où se fait le mélange. Pas d'intermédiaire, de retenue, de négociation, de dosage.  Il y va, à fond, carrément.

Ses tableaux sont chargés, durs, forts, lourds, riches. Ils sont incarnés. Ils nous touchent parce qu'ils ont été touchés. Ils nous malmènent parce qu'ils ont été malmenés.

Nos yeux sont trop connectés avec le cerveau, avec la connaissance, avec les codes, avec  les définitions.  Ils sont trop saturés de mots et  d'images.  En utilisant  ses mains, Djordjevic renoue avec des gestes préhistoriques et premiers. Il retrouve le rituel, la grotte, la tanière, le terrier, le nid, le refuge.

Et puisqu'il peint avec les mains, peint-il les yeux fermés ? En aveugle ? Ébloui d'avoir trop regardé le soleil en face ? Ou alors, comme un sourcier, sent-il des présences sous la surface ? Ses mains lui indiquent-elles des choses que les yeux ne voient pas ?

Ou alors, comme un sourcier, sent-il des présences sous la surface ? Ses mains lui indiquent-elles des choses que les yeux ne voient pas ?

Les squelettes sont récurrents dans son œuvre.Jls sont là, partout, comme s'il était évident que chaque personnage représenté promène l'intérieur de son corps à la vue de tous. Djordjevic  perçoit-il  la structure  des os sous les vêtements, sous la peau, sous la chair ?

Ses mains sont-elles douées de radioscopie ? En outre, les os du bassin dessinent une forme étrange, comme un masque, avec les deux fentes des yeux et la pointe du nez, une espèce de loup de soirée de carnaval. Il y a là un sens caché. Sexuel ?

Dans le vocabulaire des mangas, du fantastique, de l'héroïque fantaisie, de l'épopée légendaire, les os du squelette sont parfois figurés sur l'habit de combat. Ils font partie de la panoplie C'est un jeu chamanique avec la peur, avec l'au-delà, la face obscure, le royaume des ombres... Voir la fête des morts au Mexique... et, plus près de nous, celle d'Halloween, succès populaire et ommercial, hérité d'une commémoration celtique très ancienne.

Parmi les thèmes abordés par Djordjevic, les références à la mythologie sont fréquentes. Les mythes sont des bandes dessinées, des films à grand spectacle, qui datent de milliers d'années, pleins de bruit et de fureur, pleins de fracas, de forces instinctives, de désirs violents. Peindre des scènes mythologiques, c'est certainement pour un jeune artiste actuel une façon de parler de politique, du tragique, du sacré, de la mort. C'est aussi une façon de se mettre, en toute discrétion, dans les pas de la tradition de la grande peinture, classique et moderne.

Sauvages, libres, spontanées, les œuvres de Djordjevic sont un hymne à l'innocence , à la jubilation, au plaisir de mettre de la pâte colorée sur la toile de lin. Elles sont ivres d'épaisseurs, de teintes, de saveurs, d'odeurs d'huile.

Sa démarche n'est pourtant pas sans références. Elle fait partie de la famille rageuse, émotionnelle, de ceux qui font dans l'abondance de la matière, dans la décharge d'énergie : le russe Chaïm Soutine, les allemands expressionnistes, les danois, belges, hollandais du groupe CoBrA, les français Eugène Leroy et Paul Rebeyrolle, l'américain Jean-Michel Basquiat ...  Une famille internationale.

Pour terminer, je voudrais juste souligner que si l'artiste Djordjevic est autodidacte, sa lignée familiale historique ne vient pas de rien. Il est certes né à Montpellier en 1993, mais ses origines serbes le chargent de tourments et de drames. Il n'y a qu'à voir les tableaux de Vladimir Velickovic, qui, lui, est né en 1935 à Belgrade, dont la peinture est empreinte d'horreurs et d'épouvantes, pour ressentir ce que je dis."

                                                                                                                                                      Pierre Tilman, janvier 2018








Achile le flamboyant - DJORDJEVIC David Nicolas

Achile le flamboyant


Huile sur toile de lin

Création : 2018

Dimensions : 160 cm x 140 cm x 5 cm


Pour plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter par téléphone ou par e-mail.

L

L'héautontimoroumenos


Huile sur toile de lin

Création : 2018

Dimensions : 162 cm x 130 cm x 5 cm


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Outis le Fanfaron - DJORDJEVIC David Nicolas

Outis le Fanfaron


Huile sur toile de lin

Création : 2018

Dimensions : 162 cm x 130 cm x 5cm


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