Galerie d'art urbain, contemporain et moderne à Colmar en Alsace

EXPOSITION de Jacques VERDIER du 20 mars au 23 avril 2015


Rencontre de l'artiste lors du vernissage le vendredi 20 mars de 18h30 à 22h00 - entrée libre !


Le chaos est un ordre qui n' a pas été encore déchiffré

« Tout a commencé alors que petit, dans ma chambre d' enfant, j' étais réveillé par le bourdonnement des machines offset de l'imprimerie familiale. Je voyais les rames de papier rentrer, se métamorphoser couvertes de grandes typographies noires et repartir compressées en balles de papier multicolores. Ce n' est que plus tard après mes études d'arts plastiques à Paris et à mon retour de Tunisie que le papier et l 'écriture ont réapparu dans mon travail lorsque je réinstallais alors mon atelier dans le hangar à papier de l' imprimerie. C' est alors tout naturellement que les affiches, buvards, cartons et livres de comptes qui y étaient entreposés prirent place dans mes tableaux pour devenir l' ossature de mon travail. Cet intérêt pour ce matériaux est lié à sa souplesse d' utilisation et surtout à son caractère ordinaire; où que l' on aille, il sera toujours là, présent, disponible, riche en significations; mémoire et oubli d' une aventure humaine où les signes se mêlent et s' emmêlent formant un réseau résiduel où les idées les plus orgueilleuses comme les plus humbles se retrouvent égales, unies dans les limbes.

Ce n' est que plus tard, lorsque je transférais mon atelier aux Ecuries à Lure que les images apparurent dans mon travail. J' avais à la fois utilisé mon stock de papier, coupé avec mon environnement précédent. Le monde lui même semblait avoir changé, ma volonté de comprendre et d' organiser laissait place à un sentiment de chaos. Tout se mélangeait, nous rentrions dans un nouveau siècle celui de la confusion, de la saturation. Les informations ne venaient plus dans une confortable chronologie, mais simultanément. Maintenant dans l' espace de la toile, les signes calligraphiés, les mots brisés, les images déchirées d'affiches et de magazines cohabitent ne donnant aucune solution, mais laissant à chacun une possibilité de lecture. »

Jacques Verdier